Les îles anglo-normandes avec nous !

Nous sommes le 1er juillet 2013. Voilà un peu plus de quatre mois que la Fête Des Normands se prépare. La création de l’association, du site internet et des réseaux sociaux et le lancement de la campagne de communication remontent en effet à la fin du mois de février dernier !

Dés le début, nous songions fortement à inclure les îles anglo-normandes dans le projet. Les cousins de Jersey, Guernesey, Aurigny, Sercq… méritent en effet une place de choix. Une fête régionale commune, célébrée spontanément dans toute la Normandie continentale et dans ces îles serait une vraie réjouissance.

Nous venons de leur transmettre nos tracts et affiches traduits en anglais, avec le soutien de la Maison de la Normandie qui diffuse actuellement un communiqué de presse Fête Des Normands en anglais.

En attendant, peut-être, des tracts et affiches en jersiais, guernesiais …?

Communiqué de presse Fête Des Normands diffusé par la Maison de la Normandie :

The Channel Islands are invited to take part to the first « Fête des Normands »

on 28th & 29th September 2013

Why not go out all together to celebrate Normandy, during the « Saint-Michel’s » week-end, on 28th and 29th September? The « Fête des Normands », which will be spontaneously celebrated all around Normandy, and maybe in the Channel islands, is an opportunity to put Red and Gold all over our beautiful Region, to taste Norman culinary specialties, to dress up, to decorate shops, bars, schools, town halls, to speak about Normandy’s history and so much more! All Norman people, including Jersey and Guernsey people, are invited to take initiatives and to organise celebrations! To find more information about this event or for sharing celebrations ideas, visit www.fetedesnormands.com.  

With your help, this week-end could become THE Rendezvous to celebrate Normandy!

Un grand merci à Astrid et Duncan Taylor pour la traduction anglaise des tracts et affiches de la Fête Des Normands 🙂

La langue normande en 2013

Le normand, c’est quoi ?
Une série de patois dérivés du français diront certains…
Cette opinion, encore très répandue pour ne pas dire majoritaire, est pourtant inexacte. La langue normande (et ses particularismes locaux) ne saurait être considérée comme une dégénérescence de la langue français mais plutôt une de ses cousines.
Remettons les choses en place !
La carte linguistique de la France est, ou a été, plus complexe qu’il n’y paraît aujourd’hui. Le principal ancêtre du français moderne, le francien, n’était qu’une langue romane utilisée dans la région parisienne, bien avant que le français moderne ne devienne la seule et unique langue officielle de notre pays. Le francien cohabitait avec d’autres langues locales, tel le normand. Si ces deux langues ont des racines latines communes, elles ont évolué chacune à leur manière.
Sur certains points, on peut même dire que le normand est parfois plus proche de son ancêtre latin que le français.
Le mot « vaque », qui est finalement devenu « vache » en français ne vient-il pas directement du latin « vacca » ? Ou le mot « gambe » (jambe) du latin « gamba » ? Et, bien sûr, les Vikings apportèrent au normand un certain nombre d’innovations linguistiques qui, pour certaines d’entre elles (en particulier le vocabulaire nautique), passeront ensuite dans la langue française.
Le normand et le français ont ainsi longtemps cohabité, se sont influencés l’un l’autre, avant que l’édit de Villers-Côtterêts ne décrète le français langue officielle du royaume en 1539. L’école de la Troisième République se chargera d’achever le travail d’uniformisation linguistique…

Signalétique à Saint-Pierre-Port (Guernesey)

Et aujourd’hui ?
Comme toutes les langues régionales, en particulier les langues d’oïl (langues romanes du nord de la France), le normand a été largement supplanté par le français. Il existe encore quelques petits foyers linguistiques dans le Pays de Caux, le Cotentin, ou les îles anglo-normandes (Jersey et Guernesey). Séparées de la Normandie continentale après la conquête du duché par Philippe-Auguste, et désormais attachées à la Couronne britannique, ces dernières tentent de sauver le normand en l’enseignant dans quelques écoles, ou en lui accordant une place dans la signalétique.

L’héritage linguistique normand
On l’a vu, l’Histoire linguistique est parsemée de destructions, d’interpénétrations, de créations… En ce sens, le normand fut un acteur incontournable de cette Histoire. Il a laissé au français un certain nombre de mots et expressions et fut, en grande partie, à l’origine de l’anglais moderne. Les conséquences linguistiques de l’invasion normande de l’Angleterre en 1066 furent énormes. Nous ne prendrons que deux petits exemples : les mots « cat » (chat) ou « car » (char) aujourd’hui couramment utilisés de l’autre côté de la Manche et, par extension, en Amérique du Nord et en Océanie.

Sarah Pomar (journaliste québecoise) et Nicolas Miliani devant le siège de l’UNESCO, 15 mai 2013

La langue normande, riche et volubile, est aujourd’hui en voie de disparition. Le 15 mai 2013, une demande d’asile des langues régionales, dont le normand, a été déposé à l’UNESCO. Le porte-parole du collectif, Jean-François Laffont, également président de Convergencia Occitana, espère ainsi amener l’État français sur le chemin de la reconnaissance officielle des langues régionales.

Les occasions se font de plus en plus rares d’entendre des conteurs, des poètes, des chanteurs s’exprimer en normand. C’est pour remédier à cela et pour susciter un enthousiasme culturel innovant que fut créée la Fête des Rouaisons.

Les 24, 25 et 26 mai 2013 se tiendra, à Quettehou (Manche), la 16e édition de la Fête des Rouaisons qui célèbre la langue normande, dans toute sa diversité, à travers des animations de musiques, chants, danses traditionnelles, etc. Nous y serons !

A noter, cette année, la programmation d’un tout nouveau groupe de musique pop folk-rock d’expression normande qui nous vient tout droit de Jersey : les Badlabecques.

Florian HURARD