Parrain 2015

Le parrain 2015 est… Jean-Philippe Joly !

Jean-Philippe Joly et des joueurs de choule. Photo Chloé S.Herzhaft.

Jean-Philippe Joly et des joueurs de choule. Photo Chloé S.Herzhaft.

Jean-Philippe Joly est un acteur incontournable de promotion de la culture normande, notamment auprès de la jeunesse.
Nous devons à Jean-Philippe Joly d’avoir remis sur le devant de la scène les Jeux et sports traditionnels normands, dès 2001, une démarche très innovante en France.
Il est également actif promoteur de la langue et de la musique normandes, traducteur à ses heures, chanteur et musicien en normand (guitariste, mandoline, accordéon diatonique), dont les textes ont été plusieurs fois primés. Son groupe de musique s’appelle Mait’Gires.

Biographie de voyage

Sur le terrain depuis les années 2000, Jean-Philippe s’inspire de ses nombreux souvenirs d’enfance pour mener et structurer son action. Il a beaucoup appris auprès de sa grand-mère maternelle, Marie, qui possédait un fonds important de livres sur la région et était une vibrante supportrice de la Normandie. Elle venait de Vire, où l’on ne parlait pas vraiment le Normand régulièrement. Mais ayant vécu dans le Cotentin elle possédait des notions importantes, par ailleurs elle chantait souvent quelques chansons du répertoire traditionnel du Bocage. Elle était également excellente cuisinière. C’est elle qui a transmis à Jean-Philippe les subtilités de la juste utilisation de la crème, du cidre et des pommes. Faut il ajouter que Jean-Philippe Joly est tombé dans le cidre à l’âge de 4 ans au sens propre, puisqu’il a encore à la main gauche, la cicatrice d’une chute sur des bouteilles de beire bouchi. Depuis le cidre coule dans ses veines !

Toute son enfance, il a également joué aux jeux et sports traditionnels normands, notamment à la tèque et au bouchon (palet). Il se souvient très bien de ces parties de jeux normands qui s’organisaient au détour de rassemblements, dans les assemblées normandes bien sûr, mais également sur les marchés, dans les réunions de famille… Il n’était pas rare de voir se former des équipes de joueurs pour improviser une partie de jeu de palets, à l’occasion des mariages ou en fin de repas dominical. Lors des marchés ou de fête dans les fermes il a pu voir notamment dans la région de Villedieu des jeux en bois ou des jeux de course que la plupart se sont empressés d’oublier !

Jean-Philippe Joly, sur le terrain, de 2001 à aujourd’hui, des jeux et du normand !

2001 : les jeux et sports traditionnels normandsChampionnat choule

En 2001, Jean-Philippe décide de se lancer dans une aventure un peu folle : celle de promouvoir les jeux et sports traditionnels normands, formidables vecteurs de promotion de la culture normande.

Grâce à internet mais également grâce à de nombreuses recherches dans les bibliothèques, il s’exerce à recréer fidèlement ces jeux et sports normands qui ont été pratiqué pendant des centaines d’années, et encore largement jusqu’à la seconde guerre mondiale. Jean-Philippe Joly, dès lors archéologue amateur, collecte ainsi une documentation importante (écrits, iconographie, témoignages, …). Il s’exerce à retrouver « les jeux dont on ne parle plus », ou les jeux qui sont très peu pratiqués, parfois dans une seule commune (!). Tout est parti d’une fête dans le pays d’Auge sur la thématique des jeux en Normandie, du moyen-âge à aujourd’hui, où Jean-Philippe Joly a proposé de reconstitué une partie de choule à la Crosse. Comme au temps du journal d’un célèbre joueur de choule du XVIème siècle, considéré comme rien de moins que le créateur du Calvados aujourd’hui : Gilles de Gouberville. Pour tous les habitants du Cotentin un peu férus de leur région, Gilles est quasiment un « copain » des siècles passés !

Jean-Philippe Joly en pleine partie de choule. Photo Chloé S.Herzhaft.

Jean-Philippe Joly en pleine partie de choule. Photo Chloé S.Herzhaft.

De 2001 à 2004, Jean-Philippe, parcoure la Normandie pour intéresser les Normands à leurs sports et jeux traditionnels. Il crée l’association Tec Nor (tèqueurs et chouleurs de Normandie) en 2005 avec Rémi Pézeril, (par ailleurs professeur de langue normande). Les membres de l’association se réunissent tous les ans à Hemevez dont le maire devient également membre. Tec Nor voit converger de plus en plus, au fil des années, d’autres associations encore isolées (la Chouque, THTN de G.Durel, les Jeux du Conquérant…), et se créée bientôt  une Fédération des Jeux et Sports Normands.
Grâce à internet (encore lui !), les liens et les rencontres grandissent, Pascal Grange de la Chouque et Joël Simon apportent un appui primordial dans les enquêtes, les concours et démonstrations, et la construction des jeux. Chaque année le nombre d’animations augmente (pour atteindre rapidement 80 jours en moyenne). En 2011, Jean-Philippe voit le CNRS s’intéresser à sa démarche résolument originale, notamment en ce qui concerne la choule : jouer aujourd’hui comme on jouait il y a de centaines d’années ! Avec un état d’esprit actuel.
Invité par le CNRS à Aix en Provence, avec d’autres passionnés de jeux et sports traditionnels, des Espagnols, des Flamands, des Maliens et même des… Bretons (!), Jean-Philippe parvient à faire inscrire 15 jeux et sports normands au patrimoine immatériel français. Son combat est bel et bien de voir ces jeux et sports normands de nouveau largement pratiqués, reconnus, appréciés, et pas uniquement exposés dans les musées. Mais pour cela, Jean-Philippe Joly sait, constate, que « tout reste à faire » !

2007 : la langue normande

Jean-Philippe commence à agir pour promouvoir la langue normande, notamment par le biais de la musique, seul, puis avec son groupe Mait’ Gires et les mâodits maunchots.

Jean Philippe Joly, Jean-Philippe Joly, musicien et créateur de Jeux Tradi Normandie, qui remet au goût du jour dans toute la Normandie les jeux anciens normands. Photo Chloé S.Herzhaft.L’été, Jean-Philippe et sa famille allaient dans des assemblées normandes. A chaque assemblée (deux ou trois fois par été), de 11 h à 18h autour du repas, il y rencontrait des conteurs, des chanteurs qui parlaient et chantaient en normand. Jean-Philippe entendait également le normand dans les fermes. Quand il allait à Paris, il réalisait qu’il devait parler une seule langue. Pour lui, il était naturel de parler ou écouter deux langues en Normandie.

Jean-Philippe a senti que le normand disparaissait avec les années, et même assez rapidement. Progressivement, il n’y avait plus moyen d’apprendre pour ceux et celles qui le souhaitaient. Le vocabulaire disparaissait, au fur et à mesure du temps, la syntaxe et les idiomes se perdaient, Jean-Philippe entendait de plus en plus de fautes de langage… Le normand de son enfance a fini par se patoiser. Les Normands ne voulaient pas vraiment parler français mais ils ne parlaient pas correctement normand pour autant. Ils voulaient se « moderniser », ne pas paraître « plouc », privilégier ce qui venait de l’extérieur. Les Normands ne trouvaient pas de reconnaissance dans leur langue, et plus largement dans leur culture normande.

En 2007, Jean-Philippe, qui écrivait en normand quand il avait 18 ans, décide  de s’y remettre. Il veut donner une impulsion, cherche des moyens de mobiliser les jeunes Normands autour de leur langue d’origine : leur montrer qu’elle « peut être vivante et enthousiasmante ». Jean-Philippe avait toujours gardé un lien avec le normand, notamment grâce aux livres. Sa grand-mère, Marie, avait beaucoup de livres en normand. Il a également découvert le groupe de musique en normand Magène, qui enregistrait régulièrement de nouveaux cds. Grâce à Magène, Jean-Philippe a pu conserver un lien avec l’accent, la prononciation.

Avec les années 2000, il se remet à parler, écrit des textes en normand et se produit sur scène. Il chante et écrit des chansons en normand, collecte des chansons traditionnelles normandes, créé le groupe Mat Geires et va partout où la musique le porte… Internet, comme pour les jeux, a été très utile. Jean-Philippe a pu créer des contacts avec d’autres locuteurs, notamment Rémi Pézeril, très isolé mais très agissant, co-fondateur de l’association Magène et inlassable promoteur de la langue normande, mais aussi avec Daniel Bourdelès, compositeur attitré de Magène. Aujourd’hui, presque dix ans plus tard, il constate que l’on parle davantage, notamment dans les médias, de la langue normande, mais ce sont encore essentiellement les personnes âgées qui « prêchent  dauns noute loceis». Jean-Philippe insiste sur la nécessité de donner envie à la jeunesse normande de s’investir pour la culture normande.
Tract Fete Des Normands 2015 - normand-francaisJean-Philippe décrit son action comme une action de poil à gratter. Les idées foisonnent. Il écrit des contes en normand, des jeux, il rédige des articles dans le Patrimoine normand, il réalise des dessins en normand, des mots croisés, il traduit des recettes de cuisine, ainsi que des expressions de tous les jours, histoire de parler normand en entrant dans les boutiques… Il a encore commis les traductions de menus d’anniversaires ou de mariages, notamment pour le réseau normand, mené par François Dublaron, et du tract de la Fête Des Normands !

Aujourd’hui encore, l’action de Jean-Philippe, basée sur le volontariat, encore trop isolée, est motivée par l’envie de « transmettre aux jeunes ». Fin connaisseur des enjeux et de l’importance d’une culture normande revitalisée, Jean-Philippe Joly travaille sans relâche à la construction d’une Normandie vivante et ouverte sur le monde. En plus des jeux, de la langue, … il fait la promotion de la cuisine régionale dès que possible, ne serait ce que lors des collations des animation des jeux et sports Normands. Aider à la création d’une scène musicale régionale fait partie également de sa mobilisation.
Le maître mot de l’action de Jean-Philippe est : la transmission, la transmission par l’exemple car c’est ce qui a manqué et manque encore à la culture régionale de Normandie et d’ailleurs.

Jean-Philippe en cinq facebook :
_ La Langue Normande
_ La Musique Normande
_ Mait’ Geires (son groupe de musique)
_ La Fédération Jeux et Sports Normands
_ Le Développement du cidre à la pression

Il s’investit également (entre autre !) pour les Facebook Patois Cauchois et La Normandie en marche.

Jean-Philippe, musicien et chanteur en normand, a reçu plusieurs prix de poésie régionaux et nationaux en français (honneur et mention spéciale jury).
_ 1er prix de poésie en Normand 2007 Bricquebec (Bricbé)
_ 2ème prix de nouvelle en normand Jersey (Jerry) 2008
_ Prix de poésie normande « Gires Ganes » 2011

Dès 2007, iJean-Philippe Joly se rend compte que pour mobiliser les Normands autour de la sauvegarde et de la promotion de leur langue, un dictionnaire français-normand et normand-français est indispensable. Ce travail collectif de titan aboutira au début des années 2010, aux éditions Eurocibles, grâce toujours à Magène et à l’Université Populaire Normande du Coutançais.

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