L’héritage normand au Québec

Les Bérubé de la région de Québec se retrouvent autour d’un banquet matinal pour se rappeler leurs origines normandes à l’occasion de la Semaine de la Fête Des Normands.

Dimanche 24 septembre
11h
à Québec

Fête Des Normands 2017 Québec Famille BérubéUne photo de groupe a été prise à la fin du repas. Y apparaît à l’avant-plan Michel Bérubé, président de l’Association des familles Bérubé, Germaine Bérubé, gouverneure et ancienne présidente de l’AFB, Thérèse Bérubé, la doyenne de l’événement à 97 ans et René, un des principaux responsables de la publication trimestrielle de l’AFB. Debout entre Thérèse et René apparaît Huguette Bérubé, la présidente de l’association régionale des Bérubé de Québec. Les autres participants étaient tous des Bérubé ou des conjoints.

Nous ne résistons pas à l’envie de reproduire ici le courriel que ce formidable monsieur, Québécois, nous a envoyé (ainsi que son texte sur l’héritage normand au Québec, génial) :

logo-ass-familleèquebec«  Je suis vice-président de la Fédération des associations de familles du Québec FAFQ  et président de l’Association des familles Bérubé dont l’ancêtre venait de Haute-Normandie. Ce n’est pas exceptionnel dans la mesure où un très grand nombre des premiers colons de Nouvelle-France était des Normandes ou des Normands. Ceux qui venaient du Perche, souvent les plus anciennes familles, sont également considérés comme venant d’un territoire qui constituait un prolongement de la Normandie.  Tous les Québécois d’origine française doivent au moins compter quelques Normands parmi leurs ancêtres.

Je suis très intéressé par l’initiative que vous avez prise d’organiser une grande Fête des Normands en France. Je vais tenter de diffuser l’idée chez nous. Je vous envoie un petit texte que j’ai produit pour la publication saisonnière de mon association de familles. Cela vous expliquera encore mieux pourquoi la tenue de fêtes normandes me paraît particulièrement pertinente pour le Québec.
Je viens de lancer l’idée sur le site de la Fédération des associations de familles du Québec. C’est un premier pas modeste, sûrement pas le dernier.
Bonne chance avec vos préparatifs pour 2017.
Michel Bérubé« 

Texte sur l’héritage normand au Québec, par Michel Bérubé :

Un héritage normand

17161997207_2En 1933, Émile Vaillancourt a publié La conquête du Canada par les Normands qui se présentait en sous-titre comme la biographie de la première génération normande du Canada, soit plus de 1350 Normandes et Normands arrivés en Nouvelle-France au XVIIe siècle. Il y a donc au départ une forte proportion de Normands parmi les premiers colons établis en Nouvelle-France. Peut-il y avoir là une explication au fait que mon ADN autosomal soit à 35% d’origine scandinave et celui de ma sœur également, à 36%? Probablement.

Les Bérubé qui ont été testés pour leur ADN autosomal portent en majorité des traces de leurs origines nordiques (7 sur 10), mais certains n’ont aucun ADN scandinave. Cet ADN ne peut venir de Damien qu’en très petite proportion. Son épouse Jeanne Savonnet n’était pas normande. Même si Damien avait été un Norvégien, ses enfants n’ont hérité que de 50% de son ADN autosomal. Les épouses de ses fils n’étant pas non plus normandes, les enfants de la 3e génération ne devaient guère porter plus que 25-30% de l’ADN du grand-père. Imaginez ce qu’il en reste après dix générations. Qu’une ou un Bérubé ait 3 ou 4 % d’ADN scandinave, c’est déjà étonnant pour quelqu’un dont la généalogie est essentiellement canadienne-française. Comment se peut-il que des Bérubé en aient 30-40 ou même 50%, ce qui est le cas de Mark?

Il y a une explication possible si nous nous fions au livre de Vaillancourt. Celui ou celle qui a un fort taux d’ADN scandinave ne peut en avoir hérité que de plusieurs lignées normandes, ce qui est possible au Québec quand on pense au grand nombre de Normandes et de Normands qui faisaient partie des premiers colons. En ce qui me concerne, je dois en premier lieu admettre que ma mère descend d’un Martel qui ne venait pas de Normandie. Par contre, lorsque je pense aux huit arrière-arrière-grands parents que j’ai du côté de ma mère, je peux en relier 6 sur 8 à la Normandie ou aux Scandinaves. De ce côté-là, je suis en effet deux fois Leroux, deux fois Lefèbvre, une fois Fortier et une fois Boulter. Ce dernier nom est anglais. Mais le père de mon arrière-grand-mère Boulter était apparemment un Ulster Scot (Irlande du Nord), fils d’une Shaw; l’origine de ces familles presbytériennes se situe à la frontière nord-ouest de l’Angleterre avec l’Écosse, une région où il y a eu autrefois des Norvégiens. Ceci dit, mon ADN scandinave ne peut provenir seulement des Boulter, pas plus que des Bérubé uniquement. Il provient plutôt à mon avis de la forte concentration de sang normand dont j’ai hérité de ma mère comme de mon père.

J’ai longtemps pensé que mon héritage normand ne venait que de mon père et de l’est du Québec. Je dois maintenant avouer que cet héritage, parce qu’il me vient aussi beaucoup de ma mère, correspond en bonne partie à des ancêtres établis dans la région de Montréal, notamment à Pierrefonds, Pointe-Claire et Chateauguay. S’il y a une composante scandinave importante dans le bassin génétique des Québécois,  cela semble donc tout aussi vrai pour l’ouest que pour l’est du Québec.

Du côté de mon père, il n’y a pas que les Bérubé non plus qui soit en cause en ce qui a trait à mon héritage normand. Ma grand-mère paternelle avait elle-même une grand-mère irlandaise du nom de Powers, fille par ailleurs d’une Farrell. Les deux patronymes viennent du sud-est de l’Irlande, la partie de ce pays qui a le plus été dominée par les Anglo-Normands. L’ancêtre le plus ancien des Powers s’appelait en réalité Lepoher au XIIe siècle, qui signifie le pauvre en vieux français normand. De plus, les Powers sont porteurs du snp U198 au plan de leur ADN-Y, une des trois seules familles irlandaises connues à partager cette caractéristique avec les Bérubé, par ailleurs la seule famille francophone d’Amérique porteuse de cette micromutation.

J’ai aussi un ancêtre Ouellet/te qui provenait de l’Île-de-France. En même temps, je garde des doutes sur l’origine lointaine des Ouellet et sur le sens du patronyme qui s’écrit également Willett. Je suis aussi un Gagnon et un Boucher, patronymes provenant tous deux du Perche, province souvent considérée comme un prolongement de la Normandie. Dans son livre, Vaillancourt ne classe pas les Boucher, les Gagnon, ni même les Tremblay, parmi les colons d’origine normande. Pourtant, les Boucher qui ont migré vers l’Angleterre étaient d’origine normande. De plus, l’ancêtre des Tremblay était le fils d’une Coignet, nom typique de Rouen, et le petit-fils d’une Barube, autre épellation de notre nom que l’on ne retrouve qu’aux environs de Rouen et en Haute-Normandie. Quant aux trois frères Gagnon si présents dans notre généalogie, ils ont tous les trois eu des épouses normandes. Je suis aussi un Montreuil (ou Sédillot) dont les ancêtres proviennent de la côte de Picardie, là où les Vikings ont également laissé des traces autrefois.

On entend souvent que l’ADN ne ment pas, tout comme les empreintes digitales dont on se sert également à des fins judiciaires. Je pense détenir une explication logique au fait que je possède, comme ma sœur, un taux élevé d’ADN scandinave. Cette théorie n’est pas sans implication. Si ce taux élevé s’explique par une forte présence normande dans le bassin génétique des Québécois, cela signifie que nos ancêtres normands du XVIIe siècle devaient eux-mêmes être porteurs d’un fort taux d’ADN scandinave et ce, 800 ans après la fondation de la Normandie.

Cela implique également un certain degré de parenté entre le Québec et la Scandinavie, ce qui va en étonner plusieurs. En même temps, trois auteurs (Léger, Nantel et Duhamel) ont publié dernièrement Le Code Québec qui fait écho sans le savoir à cette possibilité. On souligne par exemple (page 48) que les Québécois sont plus heureux que les autres Canadiens, alors que le Canada n’est devancé au chapitre du bonheur que par la Suisse, l’Islande, le Danemark et la Norvège (trois pays scandinaves sur quatre), la Suède suivant de près. Dans un autre chapitre portant sur l’esprit entrepreneurial, on indique que le Québec est un des endroits où cet esprit est le plus valorisé (page 203) : « Sur cette question, le Québec serait au cinquième rang mondial derrière Taïwan, la Norvège, Singapour et la Suède ».

Avec les résultats obtenus pour notre ADN, il semble qu’il n’y ait pas que notre climat ou notre géographie (pensons au Fjord du Saguenay) que nous partageons avec les Scandinaves, mais aussi une part de nos plus vieilles racines.

Michel Bérubé, Président

Our Norman Heritage

In 1933, Émile Vaillancourt wrote a book about Canada’s conquest by the Normans, with a subtitle describing it as a biography of the first Norman generation in Canada, that is to say 1350 Normans (women and men) who came to New France in the 17th Century. So there was already at the start a strong proportion of Normans among the first settlers staying in New France. Could it be an explanation to the fact that my autosomal DNA is at 35% Scandinavian as well as my sister at 36%?  Probably.

The Berubes who were tested for their autosomal DNA show, in majority, traces of their Nordic origins (7 out of 10), but some have no Scandinavian DNA. This Scandinavian DNA cannot come from Damian except for a small proportion. His spouse Jeanne Savonnet was not a Norman. Even if Damian had been a Norwegian, his children only inherited 50% of his autosomal DNA. The spouses of his sons not being Normans either, children from the third generation could hardly had more than 25-30% of their grandfather’s DNA. Imagine what can be left after ten generations. To find a Berube with 3 or 4% of Scandinavian DNA is already astonishing when we consider a genealogy that is almost entirely French Canadian. How is it possible for some Berubes to have 30-40 or even 50% of it, which is the case for Mark?

There is one possible explanation if we trust Vaillancourt’s book. The one who has a high rate of Scandinavian DNA could only have inherited it, in my view, from many different Norman lineages, which is possible in Quebec when we think about the large number of Normans who were part of the first settlers. When I consider my own case, I must first admit that my mother was descending from a Martel who was not from Normandy. On the other hand, when I consider the eight great-great-grandparents that I have on my mother’s side, I see that 6 out of 8 could be related to Normandy or to the Scandinavians. On that side, it’s true that I am twice a Leroux, twice a Lefebvre and also, a Fortier and a Boulter. This last name is English. But my great grandmother Boulter’s father was apparently an Ulster Scot (from Northern Ireland), the son of a Mrs. Shaw, and these Presbyterian families’ origin can be located at the border of North-West England and Scotland, where long ago there was Norwegians. This being said, my Scandinavian DNA cannot come either from the Boulters alone, no more than from the Berubes uniquely. It has to come in my view from the high rate of Norman blood that I inherited from my mother as well as my father.

I thought for a long time that my Norman Heritage was only coming from my father and from Eastern Quebec. I must now admit that this heritage, because it also comes a lot from my mother, corresponds to ancestors who settled in the Montreal area, mainly Pierrefonds, Pointe-Claire and Chateauguay. If there is an important Scandinavian component in the genetic pool of Quebeckers, this seems to be as true for Western Quebec as it is for Eastern Quebec.

On my father’s side, there are not only the Berubes to be taken into account regarding my Norman heritage. My paternal grandmother had herself an Irish grandmother by the name of Powers, herself a daughter of a Farrell. The two surnames come from the South-East of Ireland, the part of this country that was the most dominated by Anglo-Normans. The most ancient Powers’ ancestor was in fact named Lepoher, in the 12th century, which means “the poor” in old French Norman. Moreover, the Powers are bearers of the U198 snp on their Y-DNA, one of the only three known Irish families sharing  this characteristic with the Berubes, in other respects the only Francophone family of America bearing this micromutation.

I also have a Ouellet/te ancestor who was from Île-de-France. At the same time, I still have doubts about the past origin of the Ouellets and about the meaning of the surname which is also written Willet. I’m also a Gagnon and a Boucher, surnames that came from the province of Perche, often considered as an extension of Normandy. In his book, Vaillancourt doesn’t classify the Bouchers, the Gagnons, not even the Tremblays among settlers with a Norman origin. The Bouchers who migrated to England were nevertheless from Normandy. Furthermore, the ancestor of the Tremblays was the son of a Coignet, a typical name of Rouen, and the grandson of a Barube, another spelling for our surname that we only find around Rouen and Upper Normandy. As for the three Gagnon brothers, so present in our genealogy, all three of them had a Norman wife. I’m also a Montreuil (originally Sédillot), a family whose ancestors came from the coast of Picardy, where the Vikings also left their traces in other times.

We often hear that DNA doesn’t lie, similar to fingerprints that are used for judicial purposes. I think I hold a logical explanation for the fact that I possess, like my sister, a high rate of Scandinavian DNA. This theory has some implications. If this high rate can be explained by a strong Norman presence in the genetic pool of Quebeckers, this means that our numerous Norman ancestors from the 17th Century were themselves the bearers of a high rate of Scandinavian DNA, 800 years after the founding of Normandy.

This also implies a certain degree of relationship between Quebec and Scandinavia, which may be surprising to some. At the same time, three authors (Léger, Nantel and Duhamel) recently published Le Code Québec, a book that echoes this possibility without knowing it. It underlines on page 48 that Quebeckers are the most happy people among Canadians, while Canada falls only behind, on the matter of happiness, Switzerland, Iceland, Denmark and Norway (three Scandinavian countries out of four), followed just behind by Sweden. In another chapter on entrepreneurship, it is written that Quebec is one of the places where this spirit is the most valorized (page 203), after Taïwan, Norway, Singapour and Sweden.

On the basis of our DNA results it seems that we may not only share our climate and our geography (the Fjord of Saguenay for instance) with the Scandinavians, but a part of our oldest roots.

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